Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Nombre % Inscrits
Inscrits 35 223 911 100,00
Abstentions 14 093 565 40,01
Votants 21 130 346 59,99
Nombre % Votants
Blancs ou Nuls 723 561 3,42
Exprimés 26 026 466 96,58
Sièges
Communiste 15
Divers gauche 15
Socialiste 185
Radical de gauche 7
Les Verts 4
Régionaliste 1
Ecologiste 0
Divers 1
UDF- Mouvement Démocrate 3
Majorité présidentielle 22
Union pour un Mouvement Populaire 314
Divers droite 9
Mouvement pour la France 1
Front national 0
* Sources : ministère de l’Intérieur
--
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Boutin vise un objectif de zéro quartier sensible en France
PARIS (Reuters) - La ministre du Logement et de la Ville s'est fixé mardi pour objectif de mettre fin en France aux quartiers sensibles et promis "sa place" à chacun au sein de la société française.
"L'objectif c'est qu'il n'y ait plus de quartiers sensibles. Ca ne doit plus exister, voilà! Tout le monde à sa place dans la société française", a déclaré à la presse Christine Boutin après la formation du gouvernement Fillon II.
En compagnie de la fondatrice de Ni putes ni soumises, Fadela Amara, nommée à ses côtés secrétaire d'Etat chargée de la Ville, Christine Boutin a assuré que les "choses (allaient) changer".
"Nous voulons et nous allons faire changer les choses. Je suis persuadée que la différence entre nous deux est un atout. Nous allons nous additionner dans nos différences", a-t-elle dit.
S'amusant de cet "attelage explosif", Christine Boutin a prédit "une grande espérance" dans leur travail commun.
"Avec nous deux, je suis absolument convaincue que ça va bouger", a-t-elle insisté, convaincue "qu'il va y avoir davantage de moyens".
"On ira voir Madame (Christine) Lagarde", a-t-elle dit, soulignant que la nouvelle ministre de l'Economie "est certainement une femme très intéressée à la problématique de notre pays".
"Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration", a prévenu Christine Boutin qui a mis l'accent sur "l'expertise et la connaissance très concrète des quartiers sensibles" de Fadela Amara.
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
mardi 19 juin 2007, 18h39
SOS Racisme félicite Fadela Amara
PARIS (AP) - SOS Racisme félicite mardi Fadela Amara pour sa nomination au secrétariat d'Etat à la Ville et "ne doute pas" qu'elle "mette son expérience au profit d'un chantier que la République a trop longtemps négligé", à savoir les banlieues difficiles.
La fondatrice de "Ni Putes Ni Soumises" "aura sans aucun doute à coeur d'insuffler auprès de tous ses collègues ministres, la nécessité de mettre en place de réelles politiques d'égalité dans leur domaine respectif", assure dans un communiqué le mouvement auquel elle a appartenu.
Dans son communiqué, SOS Racisme souligne que, "par sa liberté de ton et son indépendance d'esprit, (...) Fadela mettra son expérience au profit d'un chantier que la République a trop longtemps négligé: celui de la lutte contre les logiques de ghettoïsation et les discriminations multiples qui frappent les personnes habitant dans les quartiers dits 'difficiles'". AP
"Avec nous deux, je suis absolument convaincue que ça va bouger", a-t-elle insisté, convaincue "qu'il va y avoir davantage de moyens".
"On ira voir Madame (Christine) Lagarde", a-t-elle dit, soulignant que la nouvelle ministre de l'Economie "est certainement une femme très intéressée à la problématique de notre pays".
"Nous ne sommes pas là pour faire de la figuration", a prévenu Christine Boutin qui a mis l'accent sur "l'expertise et la connaissance très concrète des quartiers sensibles" de Fadela Amara.
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
mardi 19 juin 2007, 12h23 Valérie Létard, une centriste du Nord à la fibre sociale
PARIS (AP) - Elle avait soutenu François Bayrou à la présidentielle. La sénatrice du Nord Valérie Létard, nommée mardi secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, retrouve au gouvernement Jean-Louis Borloo, dont elle a été l'adjointe à Valenciennes.
Fille de l'ancien député européen UDF Francis Decourrière, aujourd'hui président du club de football de Valenciennes, cette assistante sociale de formation, née le 13 octobre 1962 à Orchies (Nord), a commencé sa carrière à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux.
Alors qu'elle est directrice du contrat de ville à Valenciennes, Jean-Louis Borloo la fait entrer en politique comme adjointe au maire, responsable de la politique de la ville.
Conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais depuis 1998, elle conduit en 2004 la liste UDF dans la région. A la tête du groupe UDF, elle préside la commission Aménagement du territoire et politique de la ville.
Elue au Sénat en septembre 2001 -elle est alors la benjamine de la Haute Assemblée, Valérie Létard y a beaucoup travaillé sur les minimas sociaux et le retour à l'activité.
Elle a fait adopter en janvier dernier une proposition de loi portant réforme des minima sociaux, qui vise à en faire un outil au service de l'emploi. Ce texte n'a pu être examiné par l'Assemblée nationale avant les élections.
"Je ne suis pas de ceux qui s'arrêtent aux étiquettes politiques", écrivait-elle le 11 mai dernier dans un journal du Nord. Elle se disait prête à "privilégier des majorités de projet, plutôt que des majorités partisanes". La voilà exaucée. AP
egp/sb
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Publié le 19/06 à 10:02
Afghanistan : les taliban s'emparent d'un district
Au moins dix civils afghans et jusqu'à 60 rebelles ont été tués en quatre jours d'intenses combats impliquant l'OTAN
Cette recrudescence des combats dans le sud intervient alors que le pays, et notamment la capitale afghane, a été frappé ces derniers jours par une vague d'attentats d'une violence sans précédent qui a fait une cinquantaine de morts, selon les autorités afghanes.
Les rebelles taliban s'emparent d'un district
Dans la province de l'Oruzgan (sud), les combats dans le district de Chora ont fait depuis samedi "de 50 à 60 morts" dans les rangs rebelles, a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Zemarai Bashary, dont le bilan approximatif était invérifiable de source indépendante.
"Malheureusement, dix civils ont été également tués par les talibans pendant l'opération et 18 autres blessés. Quatre policiers ont péri", a-t-il poursuivi, démentant que les civils aient pu être tués par des bombardements alliés.
Le chef du conseil provincial de l'Oruzgan, Mawlawi Hamdullah, avait affirmé lundi que, selon des estimations, jusqu'à 60 civils avaient été tués en trois jours de combats dans des bombardements aériens de l'Otan, mais aussi par des tirs d'artillerie de l'Otan et des taliban.
La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) avait rapporté la veille la mort de "nombreux rebelles" et d'un soldat néerlandais dans ces combats qui, selon elle, se poursuivaient mardi pour la quatrième journée consécutive.
Dans la province voisine de Kandahar, berceau du mouvement des taliban, les rebelles se sont par ailleurs emparés dans la nuit d'un district montagneux et reculé, Myanishen, non loin de la zone des combats dans l'Orurzgan, selon le ministère de l'Intérieur et l'Isaf.
"Selon des rapports, les taliban contrôlent le chef-lieu du district" de Myanishen, a déclaré John Thomas, porte-parole de l'Isaf.
Zemarai Bashary a qualifié de "tactique" le retrait de la police du district. "Nous préparons une opération pour le reprendre", a-t-il dit.
Interrogé sur une éventuelle opération de l'Otan dans le district de Myanishen, le porte-parole de l'Isaf a déclaré que c'était "aux autorités afghanes de décider". "Nous sommes prêts à les soutenir", a-t-il dit.
Un porte-parole des talibans, Youssouf Ahmadi, a affirmé par téléphone à l'AFP que les policiers "avaient fui dans les montagnes".
Les taliban s'étaient déjà emparés par le passé de Myanishen qui avait été ensuite repris par les forces afghanes et internationales.
Plusieurs districts ou régions du sud de l'Afghanistan, notamment dans la province d'Helmand, restent cependant toujours sous le contrôle des taliban, un mouvement intégriste au pouvoir à Kaboul de 1996 à 2001.
Les civils paient un large tribut aux combats opposant les taliban aux 50.000 soldats de l'Isaf et de la coalition sous commandement américain.
Jusqu'à 380 civils ont péri dans les violences commises autant par les forces internationales que par les insurgés sur les quatre premiers mois de 2007, selon l'ONU.
Attentat suicide meurtrier à Kaboul
Dimanche, 7 enfants d'une école coranique ont été tués dans un raid impliquant l'aviation alliée contre une mosquée afghaneLes forces américaines soupçonnaient l'école et la mosquée, située dans la province de Paktika (sud-est), d'abriter des combattants d'Al-Qaïda.
Cette opération a eu lieu après une attaque suicide à Kaboul contre un car de la police, qui a fait quelque 35 morts, la plus meurtrière en Afghansitan depuis la chute des talibans fin 2001.
Les forces américaines sont déjà sur la sellette pour plusieurs "bavures" ou "dommages collatéraux" ayant fait depuis le début de l'année des dizaines de morts civils en Afghanistan .
Un kamikaze a fait exploser dimanche un autocar de la police afghane dans le centre de Kaboul faisant 35 morts
Les taliban ont revendiqué cet attentat, qui est le plus meurtrier commis à Kaboul depuis le renversement du régime des intégristes islamistes fin 2001.
Il s'agit du cinquième attentat suicide en trois jours en Afghanistan. Les taliban ont menacé de multiplier ce type d'opérations, fréquemment utilisées par les extrémistes islamistes en Irak.
La carcasse de l'autocar était maculée de sang et plusieurs autres véhicules ont été détruits. La bombe a explosé à l'heure de pointe, au moment où des cars acheminent des policiers vers leurs secteurs d'activité.
Un policier présent sur le lieu de l'attentat, devant le commissariat central de Kaboul, a dit avoir vu le kamikaze sauter à bord du car alors que celui-ci s'éloignait à faible allure, la portière ouverte.
Les taliban veulent prouver que les forces afghanes et étrangères ne contrôlent pas la situation en Afghanistan, plus de cinq ans et demi après le renversement du régime taliban par une coalition sous commandement américain.
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Fillon II, le meccano du président
19/06/2007 - 19h56 - © Reuters
Un transfuge socialiste, des icônes de la France "métissée", un amoureux du ballon ovale : le gouvernement "Fillon II" est né mardi sous le signe sarkozyste de l'ouverture et de la diversité, avec Jean-Louis Borloo à l'Ecologie pour remplacer Alain Juppé.
Plus étoffé que prévu avec 33 membres, dont le Premier ministre François Fillon, le nouveau gouvernement intègre 13 nouveaux entrants, dont seulement quatre femmes, au détriment une nouvelle fois de l'impératif de parité. "Fillon II" compte au total onze femmes.
L'éphémère ministre de l'Agriculture Christine Lagarde, 51 ans, se voit toutefois promue au poste de ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi - une première pour une femme en France.
Cette ancienne avocate d'affaires succède à Jean-Louis Borloo, choisi pour résoudre le casse-tête Juppé après la démission du ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, battu dimanche au second tour des élections législatives dans sa ville de Bordeaux.
Un glissement contraint pour Jean-Louis Borloo, qui, même s'il accède au rang de ministre d'Etat à la tête d'un imposant "Medad" au périmètre inchangé, paie sous couvert de promotion sa maladresse médiatique sur la "TVA sociale", qui a joué dans le retournement de l'entre-deux-tours en faveur de la gauche.
Jean-Louis Borloo a affirmé lors de la passation de pouvoirs qu'il s'inscrirait "dans la continuité (...) de ce qu'a fait Alain Juppé intégralement".
La composition du gouvernement, qui jusqu'à la dernière minute a nécessité de délicats ajustements (François Fillon est resté mardi matin plus de deux heures à l'Elysée), réserve quelques surprises : la nomination de Fadela Amara, présidente de "Ni putes ni soumises", à la politique de la Ville et de Bernard Laporte, sélectionneur du XV de France, à la Jeunesse et aux Sports. Ce dernier prendra ses nouvelles fonctions fin octobre, à l'issue de la Coupe du monde de rugby.
Fadela Amara, d'origine kabyle, a prévenu qu'elle ne garderait pas "sa langue dans sa poche". "Je crois que pour beaucoup, à droite comme à gauche, je suis vécue comme étant une sorte de poil à gratter", a-t-elle dit sur France Info.
Lui aussi adepte du franc-parler, Bernard Laporte a assuré qu'il serait "au service de tous les sports français et pas spécialement du rugby", avec "beaucoup d'envie, de détermination et de passion".
Autre distinction médiatique après la désignation de Rachida Dati à la Justice le 18 mai : la nomination - attendue - de Rama Yade, 30 ans, étoile montante de l'UMP d'origine sénégalaise, au secrétariat d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'homme. Elle est la benjamine du gouvernement.
UN MIS EN EXAMEN AU GOUVERNEMENT
La stratégie d'ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy, qui avait nommé quatre "transfuges" dans le premier gouvernement, se poursuit même si elle a été contrariée par le rebond du Parti socialiste au second tour des législatives.
Outre Fadela Amara, classée à gauche, le chef de l'Etat a gagné l'assentiment du sénateur-maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel, qui hérite du secrétariat d'Etat à la Coopération et à la Francophonie auprès de Bernard Kouchner.
Sa nomination a été saluée par un tonnerre de critiques au Parti socialiste, dont il devrait être exclu. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée, a fait part de son "indignation" et de son "écoeurement".
Jean-Marie Bockel le "blairiste", qui aura 57 ans vendredi, a expliqué sa "rupture" à lui par sa lassitude face un parti rétif à la réforme. "Il y a un moment où on se dit 'est-ce qu'on va continuer comme ça très longtemps ?'" a-t-il dit sur RTL.
A la rupture, Nicolas Sarkozy a ajouté mardi un chapitre plus risqué : la remise en cause de la jurisprudence Bérégovoy-Balladur - non écrite - selon laquelle tout ministre mis en examen démissionne.
Dans la continuité de l'ouverture au centre, le chef de l'Etat a nommé en effet l'ex-UDF André Santini, député-maire d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), secrétaire d'Etat à la Fonction publique, malgré une mise en examen en 2006 pour "détournement de fonds publics, faux et prise illégale d'intérêt".
Une autre ex-UDF, la sénatrice Valérie Létard, fait son entrée dans les rangs gouvernementaux qu'Hervé Morin avait rejoints dès "Fillon I" à la Défense.
"C'est un gouvernement qui ressemble à la France", a estimé Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation et au Tourisme, un représentant de l'aile libérale de l'UMP comme Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur.
Un gouvernement qui récompense aussi quelques-uns des lieutenants de Nicolas Sarkozy, comme Alain Marleix (Anciens combattants) et Christian Estrosi (Outre-mer), qui laisse ainsi la voie libre à Jean-François Copé pour la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale.
Nicolas Sarkozy avait affirmé après son élection que la "fidélité" n'entrerait pas dans ses critères de sélection.
Seul nouveau ministre, à l'Agriculture, l'ancien titulaire des Affaires étrangères Michel Barnier, évincé après le "non" au référendum du 29 mai 2005, tient quant à lui sa revanche sur une "Chiraquie" qu'il jugea ingrate, à l'instar de François Fillon. Une "Chiraquie" qui a perdu son dernier représentant au gouvernement en la personne d'Alain Juppé.
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Question de jacques : Je vous ai appréciée dans les différents débats que vous avez tenus et j’ai surtout noté que vous évitiez la langue de bois. Vous semblez être sur les rangs pour obtenir un secrétariat d’Etat, j’aimerais connaître quel secrétariat vous intéresserait le plus. J’espère que votre couleur de peau n’aura aucune incidence sur le secrétariat qui vous sera proposé, vous valez mieux que ça.
Réponse de Rama Yade :
Je pense que Nicolas Sarkozy a démontré, et il me l’avait dit déjà, qu’il ne cantonne pas les minorités à l’intégration, et il me l’a prouvé. Il est possible qu’il tienne à nouveau sa promesse là-dessus.
Question de Bertrand : Vous avez "grimpé" très vite tous les échelons de la popularité, à chaque réunion que vous faites vous marquez les esprits, cela vous inspire quels sentiments? Avez-vous peur de changer du fait de votre popularité et des éventuelles fonctions que l’on vous prête?
Réponse de Rama Yade :
C’est très gentil de la part de certains militants de me réserver à chaque réunion publique un accueil chaleureux, et je pense que leur sympathie me préserve de tout détachement, et c’est ça qui est bien. Ils sont au contact du terrain et ça permet de garder les pieds sur terre.
Question d’Elias Igue : Noire, femme, jeune, musulmane : pensez-vous pouvoir exercer sereinement une fonction importante dans le gouvernement Fillon 2 ?
Réponse de Rama Yade : Je ne considère pas comme un handicap le fait d’être une femme ou d’être jeune, c’est vrai que la classe politique est un peu uniforme, mais la diversité est un atout. Diversité par le genre, l’âge, l’origine, donc à mon avis autant les femmes jeunes que les minorités veilleront à ce que leur potentiel représentant reste sur la ligne qu’ils souhaitent, c’est important.
Question de christian clavier : Vous ne vous êtes pas trompée de parti ?
Réponse de Rama Yade : Non, au contraire, chaque jour me confirme le fait que j’ai fait le bon choix, et que j’ai eu raison d’avoir accordé ma confiance à Nicolas Sarkozy.
Question de Cccile : Bonjour, Rama. Que pensez-vous du racisme de Brice Hortefeux, démontré à chaque conseil des ministres, par son attitude à l’égard de l’ancien ministre Azouz Begag ? Et trouvez-vous normal que quiconque désapprouve ou contredise M. Sarkozy soit agressé verbalement et rabaissé par les pro-sarkozystes ?
Réponse de Rama Yade :
Je n’ai pas été témoin de la scène décrite entre Hortefeux et Begag, donc je ne veux pas me prononcer. Je connais bien Brice Hortefeux, je l’ai côtoyé et je ne reconnais pas le personnage que décrit Azouz Begag. Mais il est faux de dire que personne ne peut s’opposer à Nicolas Sarkozy, on l’a vu ces derniers temps, les réserves exprimées par certains sarkozystes sur l’ouverture… Ils auraient tous été des béni-oui-oui, ils n’auraient pas exprimé ces réserves.
Question d’Hélène R. : Bonjour, Rama. J’étais en cours avec toi à Sciences Po, bravo pour ton parcours fulgurant. N’as-tu pas cependant l’impression d’avoir déjà, sur les plateaux de télé, intégré et reproduit tous les travers de nos chers représentants politiques (gestuelle un poil caricaturale, légère arrogance, phrases toutes faites, langue de bois mal réprimée...)? Ceci dit, le président des jeunes PS ne valait pas mieux ce soir en face de toi. On attend mieux de vous ! Mais bravo quand même. Bien à toi et bonne route. Hélène.
Réponse de Rama Yade :
D’après ce qu’on dit, je ne suis pas de ceux qu’on met dans la classe langue de bois, au contraire, il faudrait que j’arrive plus à maîtriser mon franc parler. Mais c’est vrai que sur un plateau, face au président des Jeunes socialistes, il est difficile de rester soi-même, parce qu’il vous pousse dans vos retranchements, même s’il est sympa par ailleurs.
Question de Samdji : Bonjour, je regrette vraiment la défaite d’Alain Juppé, qui semblait compétent pour occuper ce poste. Est-il possible, selon vous, que le président refuse sa démission et l’invite en contrepartie à quitter la mairie de Bordeaux? Les associations écologiques ne seraient sans doute pas contre, et le peuple français comprendrait sûrement...
Réponse de Rama Yade : J’aimerais bien qu’il reste au gouvernement, c’est quelqu’un que j’ai appris à connaître récemment, il est beaucoup plus humain qu’on ne l’a dit dans les médias. Un exemple : il y a quelques semaines, à Bordeaux, pour une réunion publique, je ne l’avais jamais rencontré, il m’a appelée pour me recevoir à son bureau, il a eu un comportement très chaleureux, et il a été d’une grande humanité. Hier soir, quand j’ai appris sa défaite, j’avoue en avoir été bouleversée.
Question d’anne-marie :
Je pense qu’aucune de mes deux questions n’a été retenue : 1/ cela concernait la francophonie ; 2/ quelles seront les garanties que la population africaine recevra bien les aides qui vont être distribuées ? Anne-Marie Moinard, présidente d’une association humanitaire pour le Togo, membre UMP.
Réponse de Rama Yade :
La francophonie ne concerne pas que l’Afrique, les aides, comme vous dites, ne se réduisent pas à des questions de financement ; il n’empêche que l’Afrique est une grande contributrice de la francophonie, et dans le rapport que j’ai rendu à Nicolas Sarkozy mardi dernier, j’ai tenu à ce qu’il retienne les propositions que je lui faisais sur l’aide à l’Afrique. Et cette aide peut prendre plusieurs formes, aussi bien le financement aux associations que le soutien aux artistes ou encore le soutien aux universités et aux écoles, à l’éducation...
Question de laurent vareilles : Madame, bonjour. A quoi sert un(e) secrétaire chargée de la francophonie ? Le français est-il tellement mal en point qu’il faille le défendre ? Avez-vous le pouvoir de simplifier la grammaire, je m’arrache les cheveux avec les leçons de grammaire de mes filles de onze et douze ans. Bonne journée, et bonne chance pour la suite.
Réponse de Rama Yade :
Un secrétaire national à la francophonie n’est pas un ministre, donc il n’a pas les moyens budgétaires de changer concrètement les choses ; il a vocation à faire des propositions de réforme. Parmi celles-ci, il y a effectivement la défense de la langue française, une langue française qui perd du terrain face à l’anglais, même si grâce aux pays du Sud, elle reste dynamique sur le plan démographique.
Question de Fred : Le fait que la Chine soit de plus en plus présente en Afrique, ne pensez-vous pas que vous êtes instrumentalisée par la France pour reconquérir le coeur des dirigeants africains ?
Réponse de Rama Yade : Moi ? Personnellement ? Je suis française d’origine africaine, instrumentalisée par la France ? Non, j’ai un engagement politique choisi, personne n’est venu me chercher... Et si j’ai choisi Nicolas Sarkozy, c’est en fonction de mes convictions, et si je peux lui montrer par la même occasion que l’Afrique est un partenaire intéressant pour la France, je le ferai...
Question de godard :
J’aimerais savoir les propositions du président concernant la discrimination positive, qu’il avait prônée avant l’élection! Qu’il fasse vite...
Réponse de Rama Yade : Oui, je crois qu’il faut faire vite, parce qu’il y a urgence sociale. Le souvenir des violences urbaines de novembre 2005 est encore dans toutes les têtes...
Question de Jean Gabriel :
Que vient faire la TVA sociale entre les deux tours des législatives ? Ne serait-ce pas un sujet à réserver pour un débat parlementaire ? Pourquoi est-elle si mal expliquée, que ce soit par François Fillon, Luc Chatel et tant d’autres ? Veut-on favoriser les candidats socialistes qui sont dans des ballottages difficiles ?
Réponse de Rama Yade : En vérité, la TVA sociale est un sujet abordé par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, et les socialistes l’ont utilisée pour faire peur aux Français et regagner des voix, c’est dommage...
Question de Bertrand : De toute la campagne que vous avez effectuée, quel est votre meilleur souvenir ?
Réponse de Rama Yade : Mon premier discours, le 14 janvier 2007 à la Porte de Versailles, pour l’investiture de Nicolas Sarkozy ; je trouve a posteriori qu’il n’était pas très bon, mais c’était le moment le plus intense pour moi de la campagne.
Question d’Eluerd
Permettez-moi d’abord, madame, de vous dire que si demain la francophonie a le sourire de votre jeunesse, ce sera pour un militant francophone du troisième âge comme moi une grande joie et un grand espoir. Ma question : les Français ne savent pas encore qu’ils sont francophones, que le français est aussi une langue africaine et américaine. Quels projets avez-vous pour les en convaincre ?
Réponse de Rama Yade : Merci pour vos encouragements sur la francophonie. En effet, c’est un sujet qui concerne le monde entier sauf les Français. Dans mon rapport, j’ai proposé à Nicolas Sarkozy de faire en sorte que les Français se réapproprient la francophonie, la langue française a besoin d’eux pour continuer à se développer ; il n’est pas normal que cette langue soit défendue par les étrangers de tous pays et non par les Français eux-mêmes (cf. mon rapport sur le site internet de l’UMP).
Question de Fred : Selon vous, comment la France peut stopper les boat-people africains ? Doit-elle remettre en cause toutes sortes d’aides (allocations familiales, aides au logement, primes de rentrée des classe, etc.) ?
Réponse de Rama Yade :
Je pense qu’il n’y a qu’une solution durable: le développement à l’Afrique, tout le reste règlera le problème à court terme. Il faut un plan Marshall pour l’Afrique, très ambitieux comme celui dont a bénéficié l’Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
Question d’Egalite plus: Bonjour. Juste pour vous féliciter pour votre engagement. Pouvez-vous s’il vous plaît nous expliquer comment se structure la vie au sein de l’UMP ? Quand on sait que certains responsables sont réticents à confier des responsabilités aux personnes issues des zones difficiles… Comment doivent procéder les jeunes et enfin peuvent-ils compter sur votre aide, pour un jour avancer et faire valoir leur point de vue et leur engagement ? Merci.
Réponse de Rama Yade :
Je serais honorée si les jeunes des quartiers populaires comptaient sur moi. Dans un parti politique, il ne faut pas hésiter à proposer ses services, ne pas s’autocensurer, il faut du culot et surtout ne pas avoir de complexes ; ce n’est pas parce qu’on est issu de l’immigration qu’on doit être honteux de ses origines. On peut être Noir ou Arabe et avoir plus de talent qu’un autre... Et moi, à mon modeste niveau, j’essaierai d’aider les jeunes qui le souhaitent autant que je peux.
Question d’Emerych :
Comment expliquez-vous que la majeure partie des Français d’origine étrangère ait d’autres préférences politiques que la vôtre ? Est-ce un problème de communication au sein de votre famille politique, ou une question de doctrine ? Par avance, merci.
Réponse de Rama Yade : C’est une habitude, je pense, et on perd difficilement ses habitudes ; je crois également que pendant longtemps les minorités ont voulu accorder sa chance à la gauche en se basant sur les discours du PS. Le problème, c’est qu’il faut comparer non pas les discours mais la réalité des actions menées par la gauche et par la droite.
Question de Fred : Ne pensez-vous pas que l’élargissement vers l’Europe de l’Est, c’est mettre la charrue devant les boeufs ? Pourquoi ils n’ont pas d’abord mis en place un cadre à quinze, avant d’accueillir les nouveaux arrivants ? A votre avis, pourquoi ces bureaucrates ont-ils commis une erreur aussi monumentale ? Résultat : l’Europe est en panne. Et la Pologne ne veut pas lâcher le morceau "de vote" qui lui est très favorable…
Réponse de Rama Yade : D’accord avec ça, j’ai personnellement voté non à la constitution européenne, alors que je suis favorable à la construction européenne. Je trouve qu’il y a des réformes à faire dans l’Europe des quinze avant d’élargir plus, mais maintenant que c’est fait, il faut qu’on trouve les moyens de travailler efficacement avec nos partenaires d’Europe de l’Est qui dans beaucoup de domaines peuvent donner l’exemple aux Européens de l’Ouest.
Question de marco
Sarkozy commence à reculer sur la Turquie, sur la TVA, sur les récidivistes… Qu’en pensez-vous ?
Réponse de Rama Yade : Je ne pense pas qu’il recule. Je pense qu’il prend simplement son temps. On attendait un Sarkozy qui passe en force, on a un Sarkozy habile négociateur, et c’est très bien comme cela.
Question de spiderinmyweb Ne vous estimez-vous pas plus légitime que Christian Philip à obtenir le secrétariat d’Etat à la francophonie, vues vos responsabilités à l’UMP et votre envergure internationale, là où la nomination de ce dernier signifierait un vulgaire marchandage politique en échange de sa circonscription donnée à Perben - ce qui serait en contradiction avec la volonté affichée de "rupture" avec les pratiques d’avant - et de plus, il a participé à un processus de validation d’élections dans une dictature africaine contestée par des associations lyonnaises?
Réponse de Rama Yade : Je ne veux pas le juger, je ne le connais pas très bien ; néanmoins, je n’ai pas exprimé le besoin de poursuivre sur la francophonie, ayant fait mon travail sur ce sujet-là, et je ne doute pas que M. Philippe, s’il se voit confier des responsabilités en la matière, fera du bon travail.
Question de dago83 :
En 2017, qui de vous ou de Rachida sera présidente de la République ?
Réponse de Rama Yade :
Franchement ce n’est pas une question à laquelle je pense (j’allais dire : en me rasant !) ; chaque chose en son temps...
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Alain Juppé décide de rester maire de Bordeaux
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BORDEAUX (Reuters) - Alain Juppé a annoncé mardi soir sa décision de rester maire de Bordeaux en dépit de sa défaite dimanche à l'élection législative dans la 2ème circonscription de la Gironde.
"J'ai pris la décision d'accomplir le mandat que les Bordelaises et les Bordelais m'ont donné le 8 novembre dernier", a-t-il déclaré devant sa permanence électorale, où l'attendaient plusieurs centaines de personnes.
Nommé ministre d'Etat et ministre de l'Ecologie et du Développement durable, Alain Juppé avait annoncé dimanche soir sa démission, après sa défaite au second tour des élections législatives en France.
Le Premier ministre François Fillon s'était engagé à ce que les membres du gouvernement candidats aux élections législatives démissionnent en cas de défaite dans les élections
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Interview : Alain Marleix, secrétaire national aux élections de l'UMP, décrypte les résultats
19/06/2007 - Propos recueillis par Olivier-Jourdan Roulot - Coordination Valérie Peiffer - ©
Depuis, Alain Marleix a été nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants.
Le Point.fr : Comment interprétez-vous les résultats de ces élections ?
Alain Marleix : D’abord, une évidence : la majorité présidentielle l’a emporté et l’UMP possède la majorité absolue. Sous la Ve République, il n’est pas si courant qu’une seule formation ait ainsi la majorité absolue. Pour le quatrième dimanche consécutif, le pays vote à droite.
La victoire n’est cependant pas celle espérée… Et vous avez moins de sièges que lors de la précédente législature...
Il est vrai que le résultat est beaucoup moins spectaculaire que celui prophétisé par les instituts. Personnellement, je n’ai jamais imaginé que l’on dépasserait les 400 députés. Je pensais que le résultat de la majorité présidentielle tournerait autour de 380 à 390 sièges. Il faut savoir que des élections au scrutin d’arrondissement, ce sont 577 petites cases à remplir. Avec des paramètres, des sociologies et des réflexes électoraux différents. Transposer les résultats du 1er tour, soit 45,5 % pour la droite et 39 % pour la gauche, sur les circonscriptions est un non sens.
Pourquoi cette différence entre les deux tours ?
Il y a eu trop de confiance de la part de la droite. Le comportement des médias et de certains patrons d’instituts de sondage a contribué à donner à la majorité un côté arrogant. En outre, quand on explique aux Français que les jeux sont faits, ils se rétractent toujours. Dans certaines circonscriptions, des candidats ont fait du surplace. Ils étaient en ballottage favorable, autour de 44% et finalement, ils totalisent seulement 47%. Ce qui est au second tour, invraisemblable...
Un trop-plein de confiance, est-ce la seule raison ?
Il y a aussi eu des fautes de campagne. Amener le débat sur la TVA sociale n’était pas très habile... Raffarin pense que ça a fait perdre 60 sièges. Je ne sais pas si c’est 60, mais ça en a fait perdre, c’est sûr. Ensuite, il y a des explications territoriales. Toute la partie Ouest de la France a lâché. Ce sont les anciens territoires de la démocratie chrétienne, que Ségolène Royal avec son langage très droitier au début de sa campagne a pu reconquérir, dans les traces de Mitterrand, qui avait su les fédérer pour l’emporter en 1981. Ce qui a fait défaut à l’UMP, c’est la France de l’Ouest.
Les candidatures dissidentes ont-elles nui à l’UMP...
En réalité, les dissidents ont dans l’ensemble été très peu suivis par l’électorat. A commencer par les députés sortants âgés que nous avions décidé de ne pas soutenir. Partout, les candidats investis ont gagné : Eric Ciotti l’emporte dans les Alpes-maritimes ; Renaud Dutreil à la place de Falala, à Reims ; Jean-François Lamour à la place de Galy-Dejean, à Paris ; Jean-Claude Bouchet à la place de Maurice Giro, dans le Vaucluse ; Gaël Yanno à la place de Lafleur et Bruno Sandras à la place de Béatrice Vernaudon en Polynésie. Le seul cas atypique, c’est Carignon à Grenoble. Autrement, en dehors du cas des députés sortants, on relève quatre cas de candidats dissidents qui l’emportent : Bernard Reynès sur Léon Vachet dans les Bouches-du-Rhône, Guénhaël Huet qui bat Philippe Bas dans la Manche, Eric Straumann qui bat le député-maire de Colmar, Gilbert Meyer, dans le Haut-Rhin, et Lionel Tardy qui défait Bernard Bosson...
Ces quatre dissidents qui battent vos candidats, siègeront-ils sur les bancs du groupe UMP ?
Oui. C’est la clémence d’Auguste !
On connaîtra bientôt le nouveau gouvernement. En serez-vous ?
Si on me donne quelque chose, je prendrai, certainement. Franchement, à l’heure qu’il est, je n’en sais rien. Nicolas Sarkozy m’en a plusieurs fois parlé, mais je n’ai pas de nouvelles depuis plusieurs jours. Et je crois ne pas être le seul dans ce cas !
Posté le 19.06.2007 par borlooenforce
Jean-Marie Bockel dit avoir choisi le camp de la réforme
19/06/2007 - 18h28 - © Reuters
En entrant dans le second gouvernement Fillon comme secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel signe une rupture avec un Parti socialiste où ce "blairiste" de la première heure fut souvent isolé.
Las de tenter de moderniser le PS, dont il s'attend à être exclu, le maire de Mulhouse dit avoir choisi le camp de la réforme.
"Il y a un moment où on se dit 'est-ce qu'on va continuer comme ça très longtemps ?' Lorsque, par ailleurs, il y a une vraie volonté de réforme, une vraie volonté d'ouverture et des personnes - je pense au président de la République - qui sont loin de la caricature que l'on fait parfois à gauche", a-t-il expliqué sur RTL juste après sa nomination mardi.
Avec Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Jean-Pierre Jouyet (Affaires européennes), Bernard Besson (Prospective) ou encore Fadela Amara (Ville), Jean-Marie Bockel vient allonger la liste des personnalités de gauche ayant accepté la main tendue du chef de l'Etat.
Une "trahison", estime le Mouvement des jeunes socialistes, qui fustige "les nouveaux débauchages opérés par la droite".
Comme lui, Jean-Marc Ayrault y voit une forme d'ingratitude vis-à-vis des électeurs socialistes. Il s'agit, a estimé le député-maire PS de Nantes, "de gens qui ont eu la chance dans la vie de réussir par leur talent, par leur mérite, c'est vrai, mais qui souvent ont été soutenus par le Parti socialiste".
A droite aussi, la nomination de Jean-Pierre Bockel a fait jaser. Arlette Grosskost et Jean Ueberschlag, députés UMP du Haut-Rhin, ont fait part de leur courroux, ce dernier affirmant avoir le sentiment d'être "cocu".
Au sein du PS, Jean-Marie Bockel prônait un social libéralisme opposé à la culture étatique de la gauche française, comme il l'explique dans "La troisième gauche", livre publié en 1999. En 2005, sa motion "Pour un socialisme libéral" avait recueilli 0,65% des voix au congrès PS du Mans.
LIBÉRAL ET PRO-EUROPÉEN
Ce positionnement, Jean-Marie Bockel qui fut d'abord membre du Ceres de Jean-Pierre Chevènement, à l'époque l'aile gauche du Parti socialiste, l'a acquis au contact du pouvoir.
Ses positions libérales et pro-européennes, qui l'ont éloigné du président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen, sont également en conformité avec la culture politique de l'Alsace, région où il est né et vit depuis toujours.
Avocat, marié et père de cinq enfants, catholique pratiquant, il est élu une première fois député en 1981, à 31 ans. Trois ans plus tard, il devient, jusqu'en 1986, secrétaire d'Etat puis ministre chargé du Commerce, de l'artisanat et du tourisme au sein du gouvernement Fabius.
En 1989, il conquiert la mairie de Mulhouse (Haut-Rhin) lors de la vague rose qui allait faire tomber plusieurs municipalités alsaciennes dans l'escarcelle du PS dont Strasbourg.
Alors que la capitale alsacienne est repassée à droite aux municipales de 2001, celui qui aura 57 ans vendredi fait figure de rescapé à gauche dans une région qui a accordé 65,5% de ses suffrages à Nicolas Sarkozy et envoyé 14 députés de droite sur 15 à l'Assemblée nationale.
A Mulhouse, ville industrielle touchée par la crise des industries textiles, où le Front national faisait jusqu'à cette année des scores élevés, Jean-Marie Bockel a fait sans fausse pudeur de la sécurité l'un de ses thèmes privilégiés.
Il a néanmoins perdu son siège de député en 2002 au profit d'Arlette Grosskost, mais a rebondi deux ans plus tard en se faisant élire au Sénat.
Sa gestion avait été saluée en mai 2006 par Jacques Chirac venu inaugurer le tramway puis en novembre dernier par Nicolas Sarkozy qui évoquait à Mulhouse son projet de loi sur la prévention de la délinquance, un texte auquel Jean-Marie Bockel trouvait des "aspects positifs".
A la veille des élections législatives, Jean-Marie Bockel appelait sur son blog à la "rénovation du PS".
"En préférant une alternance de droite, les Français tendent au Parti socialiste le miroir de ses insuffisances. L'heure d'une gauche nouvelle est venue. Une gauche capable de rompre avec le tout Etat, avec la culture de la dépense et de la redistribution irresponsable", écrivait-il.